Reportage de la présidente
après son séjour au Foyer pour les fêtes de fin d'année
le 26 novembre au soir, j'arrive au Foyer : tous les enfants me saluent et vont se coucher. Je discute avec Marie-Françoise qui m'a attendue, avant de quitter le Foyer, pour m'expliquer ses raisons. J'apprécie le geste et comprends son choix. Le lendemain matin, après le chant des Laudes (office du matin), à 5h30, tous partent à l'école : à vélo pour les plus grands (le collège, le lycée et l'apprentissage sont plus éloignés), à pied pour les petits. Au revoir, à bientôt !
le 21 décembre, après 4 semaines de travail dans les monastères du Togo et du Burkina, je reviens à Lomé pour assister au grand concert organisé à "Nathanaël", lieu de spectacle, dancing, bar, restaurant, concert donné par divers artistes, chorales et la Fanfare du Foyer. L'organisation étant ce qu'elle est, la vidéo que fr. Patrick vous avait promise en novembre n'a pas pu se faire : il faisait grand nuit lorsqu'ils sont passés.
Mais, pendant l'attente, j'avais eu l'idée d'organiser le repas du Jour de Noël (le 25) dans ce même restaurant et d'aller voir le patron, M. Saba, homme charmant, ayant connu lui-même la dure condition d'orphelin dans son enfance, et tout prêt à aider nos jeunes.
En rentrant, nous retrouvons Alain et sa fille Carelle (ma filleule) et Stéphanie (en quelque sorte, ma petite-fille), venus du Bénin pour passer 2 jours avec nous. Depuis plusieurs années, Stéphanie passe ses vacances au Foyer et elle est "la petite sœur" des garçons. Tous étaient très heureux de se retrouver.
Les jours suivants, j'admire l'organisation du Foyer : chaque jour, 2 garçons (un grand et un petit) sont chargés de la cuisine : faire cuire la pâte (de maïs ou de manioc), le macaroni ou le riz, et la sauce de légumes que les autres ont épluchés. Ils font le ménage, la lessive, ils désherbent le champs de manioc, vont acheter des poulets qu'ils tuent, plument et font cuire. De plus, pendant ce temps de vacances, plusieurs répétiteurs sont venus leur faire faire les devoirs.
Et bien sûr, l'occupation favorite : la musique. On répète avec Mack, on chante et danse en épluchant les légumes … Bon, on se dispute bien un peu aussi, sinon, ce serait inquiétant, mais vraiment pas beaucoup.
Je suis présidente, alors j'en profite pour fourrer mon nez partout ; il s'avère que de gros aménagements sont à faire : étagères dans les meubles de rangement, installation d'une pièce inoccupée en "foyer" avec tables, matériel de dessin à disposition, livres … Nous envisageons d'acheter une petite sono (lecteur de CD et enceintes) car, pour écouter de la musique, ils n'ont rien de pratique ni de bonne qualité. Deux dames seront employées, l'une pour faire la cuisine les jours d'école, l'autre pour faire la lessive des draps et serviettes de toilettes. Il faut aussi fabriquer des placards pour la cuisine. D'autres projets sont en cours.
Le soir du 22 décembre, "le Père Noël français" (moi) ouvre son grand sac rouge pour la distribution des cadeaux des parrains-marraines : chaque enfant est heureux de ce qu'il reçoit. Même "la Fanfare" qui a une marraine (Isabelle) a eu son cadeau : chacun un crayon avec notes et clefs, plus un grand poster sur les instruments du monde. Car la Fanfare a maintenant une vie autonome en tant qu'association, avec, comme président : Odilon, secrétaire : Sylvestre et trésorier : Paterne. Dès le lendemain, on écoute les CD offerts, on lit les livres, on fait des figures géométriques avec le compas, on configure sa montre Mp4 (une découverte pour moi). C'est la fête.
Le soir du 24, messe de minuit à 20h : église comble, chorale, sono à fond. D'abord, en Veillée, l'histoire racontée et jouée de l'Avent, de la naissance de Jésus, jusqu'à l'arrivée des Mages ; c'est Moïse qui remporte le plus de succès en campant un St Joseph plein d'humanité, brave et terre-à-terre. Après la messe, un groupe de jeunes filles nous offrent un spectacle de danse, agrémenté par les pitreries de Moïse, encore lui, déguisé et enfariné.
Nous rentrons vers 22h pour faire la fête : sucreries (sodas), biscuits, musique et danse, jusqu'à minuit et plus.
Le 25, messe du Jour avec, à la fin, distribution de friandises aux enfants présents. Les grands prennent la pose devant la crèche en attendant les petits, et nous rentrons pour partir au restaurant, avec les instruments, puisqu'ils doivent jouer dans l'après-midi.
Pour tous, manger au restaurant était une grande première, et nous avions Mack, son épouse Amélie et leurs 2 garçons comme invités. Le choix des parfums de glaces leur a posé quelques hésitations (aucun ne connaissait les parfums vanille et fraise), mais ce fut un succès.
Et puis, le CONCERT ! Un public (les invités de M. Saba) peu nombreux (environ 15 personnes) mais particulièrement choisi : entre autres, un ambassadeur et un ex-vice-président de l'Assemblée Nationale du Togo, tous influents et engagés dans l'aide aux enfants défavorisés du pays. Ils ont été touchés par nos jeunes qui, il faut bien le reconnaître, sont excellents quand ils font de la musique : ils dégagent un bonheur, une audace et un talent, bref, la "pêche" qui vous emporte et vous incite à œuvrer à votre tour. Son Excellence l'ambassadeur leur a fait un petit discours qui peut leur donner des ailes : "de la vache qui n'a pas de queue, Dieu éloigne les mouches" (comprenez : vous êtes nés défavorisés, mais vous aurez de l'aide) ; "plus tard, vous serez ingénieurs, médecins, ministres, présidents ... ". Le soir, d'ailleurs, renseignements pris, il y avait dans le groupe 2 futurs présidents, 1 ministre, 1 agent, et 1 géomètre (quelques heures avant, il voulait être goal).
Non seulement ils auront de l'aide de la part de ces personnes, mais déjà, le patron du dancing va les embaucher pour jouer de temps en temps. Ils vont en faire, des progrès ! Et ils ont gagné une petite fortune lors du concert (le public se déplace pour coller un billet sur le front du chanteur, ou de l'instrumentiste).
Le 26, la vie ordinaire reprend et, le soir, je m'envole pour rentrer en France, le cœur plein d'émotion et de tendresse pour ces jeunes. Ils vous attendent, parrains-marraines et autres adhérents ou donateurs ; allez-y, vous ne le regretterez pas !
Marie-Dominique Pacqueteau