Bonjour bien chers Parrains, Marraines et Amis
"L’homme propose Dieu dispose" : le monde entier confiné à cause de Covid-19. Un événement sans précédent. C’est du jamais vu. Ceci entre dans l’histoire de chaque nation. Puisque chaque peuple en souffre.
Au Togo :
total de contaminés : 116
guéris : 7
morts : 9
6282 cas dépisté sur tout le territoire Togolais.
Le gouvernement avait annoncé qu’il y aurait la reprise des cours par les médias, télévision et radio, mais jusqu’en ce jour, rien n’est fait.
Le confinement continue, l’ennui est total. Il faut continuer à vivre l’instant présent. Pour briser notre ennui, ce matin nous avons fait du sport dans la maison, sur la terrasse, en faisant des allers retours.
Dans l’après-midi, Sylvestre et Stéphanie nous ont parlé de leur formation. Après avoir fini de nous raconter leur cheminement, nous leur avons posé quelques questions.
Sylvestre. Je remercie Patrick qui me donne cette occasion de vous parler de mes études. Je saisis la même opportunité pour dire un sincère merci à tous ceux qui soutiennent Patrick dans cette lourde responsabilité.
Mon institut s’appelle : "ESGIS : École Supérieure de Gestion d’Informatique et des Sciences" Je suis dans ma deuxième année pour l’obtention de la licence. Je suis dans la session : IRF Informatique Réseaux et Télécommunications.
Dans l’université, nous sommes de différentes nationalités, tous venant de l’Afrique l’Ouest. J’ai un ami tchadien, qui est militaire. Dans ma session, nous sommes 32 étudiants. Chacun a sa table d’étude et un ordinateur. Nous commençons les études à 7h30, Si un étudiant n’est pas présent à cette heure, il doit retourner à la maison, parce qu’on ferme le portail. La discipline est vraiment rigoureuse. Et même dans la classe un étudiant qui n’est pas bien habillé ou provoque des troubles est renvoyé.

Les Questions et Réponses :

Q : Pourquoi tu as choisi cette filière ?
R : C'est depuis le collège que je m’intéresse à l’informatique. Dans notre société d'aujourd’hui, plus de 75% des choses que nous faisons sont informatisées. L’informatique devient une nécessité incontournable. Mais plus particulièrement j'ai voulu cette formation comme quelque chose qui m'est accessible et qui constituera pour moi une source de revenus sur lesquels je peux fonder mon avenir (mon métier).

Q : Qelles sont les difficultés que tu rencontres ?
R : Parfois, je ne comprends pas certains cours. Mais par mes recherches personnelles, j’y arrive. Autre difficulté qui est collective : manque d’organisation dans certaines matières. L’ordre chronologique d’intervention dans certains programmes n'est pas respecté par les professeurs. Or, en partant à l’école, j’ai dans la tête que j’aurai à faire ceci ou cela ; mais une fois en cours, c'est un autre programme qui nous est demandé.

Q : Que penses-tu faire près tes études ?
R : La réponse est simple. Après mes études, si je trouve du travail dans une entreprise, je l'accepterai, mais si je ne trouve pas, je vais créer ma propre entreprise.

Q : Tu as d’autres amis en dehors du militaire tchadien ?
R : L’université est un endroit où il faut savoir tisser des relations. Oui j’ai d’autres amis, ceux avec qui j’ai fait le collège ou lycée avant d’arriver là.

Q : Est-ce que l’institut vous accompagne après les études ?
R : Il nous accompagne, pas financièrement mais avec des conseils ; il dirige aussi les étudiants vers les entreprises pour la recherche d’emplois.

Q : L’institut vous accorde une bourse ?
R : Nous n’avons pas de bourse, mais si tu réussis un concours, l’institut apporte une aide.

Q : Votre salle se trouve au 3ème étage, vous montez avec l’ascenseur ?
R : Nous n’avons pas d'ascenseur, nous montons à l’étage par l’escalier.

Q : Quel bilan tu établiras de ces deux années d’étude ?
R : Au début, c’était très difficile. 28 matières à valider, c’est énorme. Il y a aussi l’adaptation du milieu, les caractères des jeunes ; il faut faire avec. Le début de toute chose n’est pas facile. Cette deuxième année je suis plus à l'aise. Je suis fier de mon évolution. Le Covid-19, va passer, les choses sérieuses vont reprendre. Je qualifie ces deux années comme une période positive. J’espère aller jusqu’au bout, si Dieu me prête la vie et la santé.

Stéphanie. Une journée dans le centre ?
Au centre, nous sommes au nombre de 32 filles à l’internat. D’autres filles viennent de l’extérieur. Au total, nous somme 50 filles. La plus âgée a 23 ans, et la plus jeune a 14 ans. Je suis entrée dans le centre CASA (Centre social Saint André) le 3 Juin 2017.
Nous nous levons à 5h 30, chacune fait le travail que la sœur lui a attribué. Moi je balaie le réfectoire tous les matins. À 7h 10 : le petit-déjeuner, à 7h 20 : présence dans les ateliers, à 7h 30 la prière, puis commencent nos activités professionnelles.
On travaille jusqu’à 10h, on s’arrête pour une première pause. Nous reprenons 30 minutes après. À midi, pause. À 13h, celles qui doivent préparer le repas sortent pour aller faire la cuisine. Et à 14h, c’est la fin pour nous toutes. Dans les ateliers de formation, nous ne travaillons pas pendant les après-midis. Cependant de 16h à 18h, nous  avons  l’alphabétisation.

Nous avons deux groupes : 1er groupe, celles qui n’ont jamais fréquenté l'école, et 2ème groupe : celles qui ont fréquenté l'école avant de venir. Je suis dans le deuxième groupe. Nous avons un jardin où nous cultivons des légumes. 18h30 : nous allons à la chapelle pour la prière. Le dîner est à 19h30, et à 21h c'est le couvre-feu. Les samedis matin nous faisons le sport. Nous jouons au foot, ou avons d’autres activités sportives. Je suis dans ma dernière année de formation. Je suis la majore. Nous avons aussi des surveillantes (2). L’examen de fin d’apprentissage est fixé pour début décembre 2020. Mais avec cette maladie (Covid-19) je ne sais pas ce que les responsables vont décider.

Les Questions et Réponses :

Q : Quelle a été ton impression le premier jour dans le centre ?
R : c’était difficile le premier jour. Il y avait la réunion des parents le jour où j’arrivais. Certains parents des filles n’étaient pas arrivés à la réunion. Alors les filles qui ont constaté l’absence de leurs parents commencent à pleurer. Moi aussi j’ai commencé à pleurer. Voyant cela, certaines de celles qui pleuraient ont séché leurs larmes pour me consoler. J’ai eu du mal à m’adapter. Je n’avais jamais vécu avec tant de monde. À l’école, on vient et puis chacun retourne chez lui. Mais ici dans le centre c’est tout le temps, jour et nuit, avec des comportements que je détestais. En fait, c’est un centre bien bâti, bien cadré pour la formation des jeunes filles. C’était un nouveau style de vie et je me suis adaptée avec le temps.

Q : Est-ce que vous sortez ?
R : Nous ne sortons pas. Si tu vois une fille sortir, il faut savoir que c’est la sœur qui l’a envoyée acheter quelque chose. Voilà pourquoi nous avons les congés de Noël, de Pâques et les grandes vacances pour retourner dans nos familles quand nous en avons une.

Q : Certaines filles vont à l’école ?
R : Personne ! C’est un centre de formation : la couture, la cuisine, la coiffure.

Q : Tu veux t’installer où, après ta formation, à Lomé ou au Nord auprès de ta famille ?
R : Je vais m’installer à Lomé après ma formation. Mais avant d’ouvrir mon atelier, j’ai l’intention de faire le stage de 6 mois pour découvrir d’autres styles, d’autres modèles. Je vois beaucoup de modèles nouveaux lorsque je viens ici pour mes congés. Ces modèles nous ne les faisons pas dans le Centre.

Q : Tu as laissé l’école pour apprendre le métier. Tu le regrettes parfois ?
R : Je ne l’ai jamais regretté. Je l'aurais regretté si j'étais retournée auprès de ma maman au village ; là, je n'aurais pas su quoi faire, ni ce que je serais devenue. Cependant, si une occasion se présente, je vais reprendre l’école pour avoir le niveau BEPC (3ème). Certes ceci n’est pas une préoccupation majeure. J’apprends beaucoup de choses dans le centre qui seront utiles pour mon avenir. J’ai hâte d’avoir mon atelier, travailler pour aider ma maman dans ses charges, et construire moi-même mon avenir.



Autres détentes : le sport



Les films :


Les jeux de cartes les collégiens contre les primaires. Patrick a joué avec les primaires contre les collégiens




Nous prions pour tous nos frères et sœurs du monde entier, ceux qui ont été victimes de la maladie Covid-19.

Bien affectueusement